Présentation : Extrait de la préface de Gracianne Hastoy :
C'est l'histoire d'un carnet de voyage qui ne mène pas vers l'extérieur, mais vers l'intérieur, vers l'auteur, en version journal intime. Pas un voyeurisme galvaudé, mais une complicité pudique. La femme et la ville se mêlent à si bien s'aimer, et l'on est presque gêné de profiter de leur promiscuité affective. Ainsi se manifeste l'art, à nous laisser chanter, écrire ou peindre les passions, avec en conclusion l'offrande à ces autres, des inconnus qui sauront nous recevoir mieux que nous-mêmes. D'aucuns chantent leur ville. Elle, la dessine, et si cela ne suffit pas, elle glisse des mots en précision, et surtout en émotion. Sylvie Forestier nous fait le présent de ses esquisses trempées à l'encre des sentiments. Il ne faut pas prendre la chose à la légère. D'où cette nécessité absolue de détailler les dessins plusieurs fois, sans simplement se contenter de les feuilleter, l'oeil et le coeur lointains. Y revenir comme l'on aime retourner dans les endroits chéris, et découvrir un lieu ingoré la fois d'avant. Parce que la ferveur ou le moral n'y étaient pas, et qu'aujourd'hui, on est prêt à s'ouvrir er recevoir enfin.
Dans les dessins de Sylvie Forestier, c'est un peu la même chose. Un pétale oublié, une carte postale glissée et quelques mots griffonnés, rien ne doit s'omettre. C'est l'impression d'ouvrir une malle, au creux d'un vieux grenier et d'en extraire des souvenirs. De voyage et de vie. S'il le faut, s'arrêter sur une page, la regarder longtemps et s'absorber dans ses trésors et ses feuillages. Effeuiller les pages comme une marguerite, en sachant que l'on finira par un « je t'aime à la passion ». Prendre le temps d'admirer, de détailler, comme dans une promenade vraie. Et au hasard d'un verso, comprendre enfin que la femme qui parle est une femme qui aime. Sa ville. Bayonne à la folie.
L'auteur: Forestier Sylvie
Sylvie Forestier est née en 1966 d'une mère qui aimait peindre ; ses premiers plaisirs sont donc rattachés aux couleurs et à l'élégance des formes... Pour créer son cours de dessin, cette Parisienne a choisi voici quinze ans la ville de Bayonne. Son coup de cœur ne s'est jamais démenti.
Elle a souhaité nous le faire partager en croquant les ocres et les reflets changeants de cette perle d'Aquitaine. Ayant quitté Bayonne depuis peu, c'est avec bonheur que Sylvie voit publié son hommage à la ville qui l'avait adoptée.
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