Totems
Description
À travers ses photographies, Anabel Guerrero nous propose des personnages fascinants, énormes, étirés, composés de premiers plans, de fragments de peau ou d’habits.
Le regard du spectateur s’efforcera, avec un grand plaisir visuel, de scruter les détails et de rechercher dans les plis des robes, des bribes de l’histoire d’une vie.
Texte de l’infopresse :
« Je peux changer en échangeant avec l’autre, sans me perdre pour autant ni me dénaturer. C’est pourquoi nous avons besoin des frontières, non plus pour nous arrêter, mais pour exercer ce libre passage à l’autre, pour souligner la merveille de l’ici-là.
Les personnages élevés par Anabell Guerrero tissent et tâtent le détail de leur vie de tous les jours et ils regardent au loin, par-dessus la barrière ou le grillage ou le barrage de frontière. Ce ne sont pas les insignes marqueurs d’une immensité, mais les conducteurs de la Relation. » Édouard Glissant
« Totems » a été réalisé en 2000, à la péninsule de la Guajira, zone semi-désertique située à la frontière entre le Venezuela et la Colombie, en hommage aux femmes guajiras qui tentent à tout prix de maintenir les traditions culturelles et la cohésion familiale au sein de leur communauté.
Depuis toujours, la réflexion autour de la notion de frontière comme lieu de passage, de division et de confrontation avec l’autre fait partie de la démarche artistique d’Anabell Guerrero. La série « Totems » s’inscrit dans la généalogie d’une série de travaux que la photographe a réalisés sur les thèmes de l’exil, la vie entre deux mondes, la frontière.
« Les images photographiquez de «Totems» se dressent, monumentales, nobles et sobres comme les femmes wayú, verticales et solitaires dans un paysage aride et inaccessible.
Émergent alors, énormes et étirés, des premiers plans, des fragments de peau ou d’habits. Le regard du spectateur s’efforcera, avec un grand plaisir visuel, de scruter les détails et de rechercher dans les plis des robes des bribes de l’histoire d’une vie. » Cecira Armitano
Ce livre est accompagné des textes d’Édouard Glissant, Cecira Armitano et Ingrid M. Jiménez Martínez.
Édouard Glissant :
Romancier, essayiste, Édouard Glissant est l’auteur d’une œuvre d’une grande ampleur et diversité. On peut citer : « La Lézarde », 1958 (prix Renaudot), « L’Intention poétique », « Le Discours antillais » et « Poétique de la relation », « Malemort », « La Case du commandeur », « Mahagony », « Tout-Monde ».
Son dernier livre est consacré à l’esthétique, « Une nouvelle région du monde » (Gallimard).
Cecira Armitano :
Ancienne élève de l’école du Louvre, diplômée en muséologie et art contemporain, Cecira Armitano a dirigé pendant douze ans le département des expositions du musée d’Art contemporain de Caracas Sofia Imber (MACCSI). Critique d’art, elle a travaillé comme commissaire d’expositions indépendant en France, au Portugal, en République Dominicaine et actuellement au Pérou.
Ingrid M. Jiménez Martínez :
Historienne d’art, Ingrid M. Jiménez Martínez est diplômée de l’université de Séville et de l’université du Wisconsin. Professeur d’histoire et de théorie d’art contemporain à l’université de Porto Rico, elle est critique d’art pour la revue « Art Nexus ».
Note de lecture (ATLI n° 145) :
La série « Totems », réalisée dans la région de la Guajira située entre la Colombie et le Venezuela, renouvelle le travail photographique d’Anabell Guerrero sur l’exil, les populations déplacées, les réfugiés, la vie à la frontière, à la limite, dans le passage, entre deux mondes.
La Guajira est un territoire sillonné d’une ligne de démarcation, un monde à la frontière, peuplé par une des ethnies indigènes les plus importantes et nombreuses : les Wayu.
« Anabell Guerrero a approché ces femmes pendant deux ans lors de divers séjours, en marge de toute vision ethnologique, afin de retranscrire leur humanité intense et déterminée. Libérées du moindre arrière-plan dans leurs amples robes Smallarrées, elles semblent être les totems universels de la résistance sereine. » Patrice Giunta, « Libération »
L'auteur
Anabell Guerrero, photographe, vit et travaille entre la France et le Venezuela. Elle a réalisé de nombreuses expositions en France et dans le monde (Japon, Italie, USA, Finlande, Venezuela...) Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections publiques et privées.